Aéroport de Dole-Jura : Olivier Muller dénonce le soutien de la Métropole
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Monsieur le président, chers collègues,

Malgré le fiasco du projet Renaissance qui devait relancer l’aéroport de Dijon Longvic au début des années 2000, il s’agit ce soir de subventionner l’aéroport de Dôle Tavaux, pourtant hors de notre territoire.

Rappelons que le projet Renaissance, qui visait à développer des lignes aériennes régulières depuis l’aéroport Dijon Longvic, a englouti 25 millions d’euros de fonds publics.

Outre l’incohérence écologique, ce fut un échec économique majeur puisque, malgré ces énormes subventions publiques, toutes les tentatives de relance de lignes régulières depuis cet aéroport ont échoué faute de rentabilité.

Sous couvert d’attractivité du territoire, subventionner l’aéroport de Dole est une aberration écologique, économique et sociale.

Aberration écologique d’abord puisque le bilan carbone d’un trajet en avion est calamiteux comparé au même trajet en train par exemple. Alors que le changement climatique s’accélère et que nos collectivités affichent leur volonté de lutter contre le dérèglement climatique, subventionner l’usage de carburant fossile à travers la subvention à l’aéroport de Dole est en incohérence totale avec les ambitions écologique affichées.

Aberration économique ensuite. Dépenser de l’argent public pour soutenir l’attractivité du territoire peut avoir du sens si ces actions ramènent de l’activité économique dans notre territoire. Or, depuis de nombreuses années, les seules lignes aériennes régulières et pérennes depuis l’aéroport de Dole sont à destination de villes touristiques du Maroc et du Portugal, précisément de Marrakech, Fez et Porto. Au lieu de ramener des touristes qui contribueraient à l’activité économique de la Côte d’Or, la Bourgogne ou la Franche-Comté, les subventions à l’aéroport de Dole ont comme conséquence d’inciter les bourguignons et les francs-comtois à dépenser leur argent à l’étranger ! L’exact contraire d’un soutien à l’attractivité et de ce qu’il convient de faire pour soutenir l’économie de la Côte d’Or et de la métropole. Dommage pour rebooster l’attractivité de la Cité de la Gastronomie.

Prétendre que ces subventions permettront à l’avenir de développer de nouvelles lignes aériennes destinées à des hommes d’affaires, ingénieurs et commerciaux de nos entreprises locales, c’est nier les multiples échecs des tentatives précédentes de lignes aériennes vers Bordeaux ou Londres par exemple. Échecs répétés tant depuis l’aéroport de Dole que de celui de Dijon. La région Bourgogne Franche-Comté vient d’ailleurs d’acter ces échecs et vient d’arrêter de subventionner l’aéroport de Dole.

L’attractivité d’un territoire ne se mesure pas au nombre d’aéroports de proximité puisque la France a 9 fois plus d’aéroport que l’Allemagne. Dijon est un nœud ferroviaire et nos entreprises disposent de 3 aéroports internationaux ayant des dessertes mondiales (Lyon, Paris et Bâle) à 2 heures de train ou de voiture.

Aberration sociale enfin. Le transport aérien bénéficie d’un carburant détaxé qui ne participe pas au financement de nos services public. De plus, la compagnie aérienne opérant depuis l’aéroport de Dole est domiciliée fiscalement en Irlande pour échapper partiellement à l’impôt sur les sociétés. Subventionner des exilés fiscaux participe donc à la destruction de nos services publics.

Malgré ces aberrations écologiques, économiques et sociales, le total des subventions pour l’aéroport de Dole se chiffrera à 1 millions d’euros sur 3 ans, bien que cet aéroport ne soit pas sur notre territoire.

En tant qu’élus élus écologistes, nous considérons que les priorités dont les citoyens et les entreprises ont besoin sont toute autres. L’argent public est rare et doit être investi dans les transports doux, les transports en commun du quotidien, l’éducation, le soutien à un modèle agricole plus durable.

Puisqu’il est temps d’atterrir et d’arrêter ces subventions, nous voterons, vous l’aurez deviné, contre ce rapport.

Je vous remercie de votre attention.