Intervention de Patrice Château sur le rapport consacré au « système alimentaire durable 2030 »
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Monsieur le Président, cher.E.s Collègues,

Réorganiser à travers un nouveau système la production, la transformation, le distribution et la consommation alimentaire recueillent bien évidemment chez les élus écologistes ici présents un avis favorable !

En réalité, nous sommes réellement impatients de voir reconnus les avantages offerts aux écosystèmes naturels par la permaculture, la biodynamie, l’agriculture biologique et l’agro-écologie. Grâce à ces techniques confirmées et reconnues notamment par l’INRAE, les agriculteurs pourront fournir aux consommateurs des produits alimentaires sains, être justement rétribués pour leur travail, sans prise de risque pour leur propre santé et celle des habitants.

Pour autant, nous ne sommes pas convaincus de la capacité des partenaires de l’accord de consortium à engager une véritable transition écologique de l’agriculture et de l’alimentation vu leur profil. A titre d’exemple ORANGE ou POMONA, dont l’activité est tourné vers l’agriculture d’export, incarnent à nos yeux une économie classique et conventionnelle alors que les professionnels de l’agriculture biologique locale, et les acteurs des circuits courts sont exclus. Nous sommes d’autant plus vigilants que ce type de projet peut vite aspirer tous les crédits et bloquer par la suite des initiatives en faveur d’une agriculture vertueuse.

Il me paraît ici opportun d’indiquer que mes propos ne sauraient être interprétés comme blessant pour quiconque aurait pris une part importante dans ce projet de système alimentaire. Bien au contraire, nous considérons que délibérer est un exercice démocratique où l’on confronte les points de vue avant une prise de décision. Je tiens aussi à souligner que de la qualité de la gouvernance découle ensuite l’orientation et les mesures opérationnelles du projet.

Ainsi, dans la perspective de la réussite de ce projet de système alimentaire durable 2030, je souhaiterais m’arrêter sur l’action n° 16 intitulée « label DAE » pour label « Dijon agro-écologie »

Un label exigeant sur la qualité et l’origine géographique des produits peut devenir le garant de la réussite du projet. Une gouvernance impartiale de ce label suppose une composition tripartite : un conseil composé de scientifiques & citoyens qui définissent des critères de qualité environnemental à la hauteur des enjeux de notre siècle, un organisme instructeur des demandes de labellisation et enfin une structure indépendante de contrôle – sur pièces et sur place – créditeraient cette démarche d’une réelle ambition de transition agricole.

Quant aux autres actions du projet dont nous prenons enfin connaissance, au delà du libellé, nous souhaiterions en connaître le contenu.

Monsieur le Président, chers Collègues, la crise de la Covid-19 et la Convention Citoyenne pour le Climat ont démontré le besoin de changer nos pratiques agricoles et alimentaires pour plus de qualité et de proximité. Alors, soyez certains que les écologistes sont prêts à travailler avec vous pour aboutir ce résultat.

Je vous remercie.