Stéphanie Modde appelle à la refonte du PLUI-HD et à la co-construction avec les habitant-es
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Monsieur le président, chers collègues,

Il s’agit ce soir de valider les modifications au PLUI-HD suite aux remarques de l’enquête publique. Nous soulignons avec satisfaction l’intérêt des habitants qui malgré la technicité des documents d’urbanisme se sont appropriés les enjeux, signe que l’urbanisme est un moyen de redonner du souffle à la démocratie. On ne peut alors que regretter que cette vitalité démocratique soit  peu entendue, surtout dans un contexte de défiance à l’égard de l’action publique.

On aboutit à un résultat qui modifie, à la marge, les orientations et le contenu, sans en combler certaines lacunes.

On ne constate aucun changement structurant visant à construire sur les dix prochaines années une métropole toujours plus verte, ou les espaces de nature seraient répartis sur l’ensemble du territoire et au plus près des habitants, notamment dans les nouveau quartiers. Actuellement, notamment dans la ville centre, la lutte contre l’artificialisation des sols sans contrepartie en terme d’espaces de respiration reste beaucoup trop souvent la norme. Cette position est en totale contradiction avec la mobilisation citoyenne qui questionne la politique urbaine de Dijon Métropole.

Ce modèle  du « construire toujours plus », sans réflexion approfondie sur la mobilisation de l’existant, se fait au détriment du cadre de vie et de la ville accessible aux modes doux de déplacement et aux transports en communs.

Au minimum, les aménagements en faveur des modes actifs devraient être pensés en même temps que les programmes immobiliers, afin de favoriser une bonne qualité de l’air que nous respirons ! et permettre une diminution de l’utilisation de la voiture individuelle.

De même, il faudrait penser en amont les équipements de quartier, si nécessaires à la cohésion sociale et à la qualité de vie.

Ce constat partagé avec les dijonnais et les dijonnaises avait d’ailleurs fait l’objet de remarques de l’autorité environnementale que le commissaire enquêteur rappelle et conforte dans son rapport. En effet, celui-ci estime que le nombre de logements doit être adapté au juste besoin et ne doit pas conduire à saturer certaines zones au détriment de la qualité de vie  du milieu naturel et de la biodiversité.

On voit bien que la régulation des programmes immobiliers n’est pas à l’ordre du jour. Les objectifs de construction pour Dijon notamment restent à la hausse. Aucune disposition également ne permet de mettre en œuvre un schéma cyclable métropolitain qu’on nous promet sur le papier depuis 3 ans, sans être engagé et décliné dans le document. Enfin, aucune réponse n’est apportée sur la manière dont s’appliqueront concrètement le CBS et le PLT sur les 9 910 logements supplémentaires dans la densité  dijonnaise.

Cette inquiétude se confirme quand on voit que le développement de la nature en ville est ciblé uniquement dans les faubourgs et en secteur diffus sans aucune disposition pour les quartiers les plus denses. Sur le sujet, on attendait pourtant que la révision organise des cheminements verts communaux et leur connexion envisagée comme support potentiel des modes actifs.

Par rapport aux nombreuses recommandations émises par le commissaire enquêteur, il est regrettable qu’une bonne partie n’apparaisse pas dans les modifications. Nous faisons référence par exemple aux remarques de l’OAP axe de l’Ouche, et particulièrement celle consacrée aux marges de recul afin de garantir la possibilité de réaliser une bande végétalisée suffisamment large le long de la rivière, comprenant éventuellement une voie cyclable.

Concernant quelques projets spécifiques, emblématique d’un équilibre à trouver entre logements et espaces respiration, nous avons quelques remarques.

S’agissant de l’abandon des constructions au profit des 8,5 ha de terres agricoles au sein de l’écocité Jardins des Maraîchers, nous sommes très satisfaits qu’au bout de longues années vous vous réappropriez enfin la totalité de la proposition des écologistes jusqu’à la concertation avec l’ensemble des habitants et militants qui occupent le site. C’est à eux que l’on doit ce résultat.

 Aujourd’hui, sans leur mobilisation, nous aurions des constructions à la place des légumes ! Bien évidemment, toutes les initiatives de solidarité et de vivre ensemble qui ont été expérimentées depuis 2010 sur le site doivent également être préservées et valorisées. Et surtout, que l’avenir de ce site se fasse sans violence, et dans une réelle volonté d’écoute réciproque pour aboutir à un résultat sans passer par la case CRS et bombes lacrymogènes !  

Notons également que la Maison du colonel est couverte par l’AVAP. Cette réglementation conforte notre demande de faire évoluer cet espace vers un jardin ouvert au public.

En matière de gouvernance, même si cela ne relève pas des modalités d’un document de planification, à maintes reprises le commissaire enquêteur incite Dijon métropole à engager des concertations avec les habitants du quartier. Nous avons évoqué le quartier des Lentillères, mais on peut aussi faire référence au quartier Voltaire, au site Joliet…. Cette recommandation est conforme au projet que nous défendons : démocratiser les politiques d’urbanisme, enjeu central désormais de la vie publique au sein de la métropole.

Nous regrettons enfin que les dispositions ambitieuses visant à lutter efficacement et à s’adapter au changement climatique soient si peu présentes dans les programmes immobiliers. C’est une lacune malgré notre proposition récurrente visant à développer, par le biais d’une bonification, le recours aux matériaux bio-sourcés pour les commerces certes mais aussi pour les programmes de logements.

Pour toutes ces raisons, et dans une volonté de rénover nos politiques publiques, de repenser la démocratie locale où l’urbanisme fédère aujourd’hui les énergies citoyennes, nous demandons une refonte complète du PLUI-HD qui s’accompagne d’un vaste processus de concertation citoyenne et de co-construction du document.

Je vous remercie de votre attention,